Christophe GREFFET - Intervention sur la motion sur l'agriculture - Session de mars 2026
On sait ce que c’est d’être paysan depuis…. les temps reculés du néolithique. C’est accomplir cette fonction vitale et immuable à travers les travaux des champs et au fil des jours qui consiste à nourrir les hommes.
Être paysan c’est aussi dessiner ce que Fernand Braudel appelle « l’identité de la France » et les pays de l’Ain en témoignent dans la diversité de leurs peuplements et de leurs paysages.
J’invite chacun -si ce n’est déjà fait - à relire l’ouvrage de Paul Cattin sur le Paysan du Revermont ou les deux tomes de Jean Merle sur l’évolution de l’agriculture aindinoise pour mesurer combien la profession a façonné notre département.
Si la délibération qui est nous soumise participe à sa reconnaissance et au soutien des filières, j’y souscris bien volontiers.
Non sans ajouter quelques mots.
Comment parler de souveraineté alimentaire, répété ici, sans -par exemple- aborder les enjeux fonciers ? L’Ain perd 400 à 500 ha par an au détriment de son agriculture. Il est temps de mettre en oeuvre une stratégie de sobriété foncière si l’on veut conforter la vocation à produire de notre département.
Au plan européen, la stratégie « De la ferme à la table » censée promouvoir un système alimentaire durable ne pourra pas faire l’économie d’une évolution en profondeur de la PAC.
Un système qui distribue 80% des aides à seulement 20% des agriculteurs tout en faisant la part belle aux intérêts de l’industrie agro-alimentaire et aux traités de libre-échange n’est pas viable. Nous en mesurons les limites aujourd’hui avec le Mercosur.
La réalité, c’est que l’agriculture est devenue la variable d’ajustement du négoce mondial avec pour conséquence dramatique d’ouvrir nos frontières aux poulets brésiliens gavés d’antibiotiques et à la viande de boeuf nourrie au soja dans les zones déforestées d’Amazonie.
Je suis pour ma part clairement aux côtés des agriculteurs aindinois lorsqu’ils s’opposent à cela.

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