Christophe Greffet - Intervention relative à la lecture publique - Session mai 2026
La lecture publique ne peut pas rester à distance du numérique. C’est entendu. Elle doit s’en saisir pour enrichir son offre et capter de nouveaux publics.
L’enjeu est de taille à un moment où le livre, la presse et l’audiovisuel plus largement n’ont jamais été autant bousculés.
Ce qui se joue dans tous ces secteurs -nous le savons bien- c’est la diversité culturelle. A force de concentrations et de mains-mises, un discours unique et orienté a la volonté de s’imposer ; un discours souvent loin de la réalité.
Et « quand tout le monde vous ment en permanence nous dit Hannak Arendt, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus en rien. »
Jamais la presse n’a été aussi concentrée en France. Et sa liberté autant entravée. Une centaine d’atteintes ont été recensées en 2024. Jusqu’à frapper la presse économique.
Les titres « Challenges » et « La Tribune » accessibles depuis SOFA -et dont on ne peut pas dire qu’ils sont les plus vindicatifs à l’égard de l’économie libérale- sont aujourd’hui menacés par leurs propriétaires milliardaires qui entaillent la déontologie et la liberté journalistique.
Arnault a mis la main sur 80% de la presse économique nationale. Saadé continue ses emplettes alors qu’il possède déjà BFM-RMC, La Provence, La Tribune et j’en passe.
Sans oublier le plus insatiable, Bolloré. Tous se servent de leurs médias comme des relais d’influence au profit de leurs intérêts économique et de leur agenda politique. Le triste sort subi par la maison d’édition Grasset en est la dernière illustration.
Bien sûr « s’apitoyer ne sert à rien. Il faut résister. Résister partout. Dénoncer. Démasquer » comme le dit Eric Fottorino. Il est temps, après des années de laisser-faire des autorités de régulation et d’attentisme des législateurs, de garantir enfin le droit à l’information en s’attaquant au phénomène de concentration.
Nous pouvons aussi -nous tous- être acteurs et faire des choix. Aller dans nos librairies indépendantes, fréquenter les théâtres et le lieu de culture. Lire bien sûr et faire confiance à la lecture publique. Voilà un beau défi pour notre service départemental.

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