Christophe GREFFET - Intervention sur la motion relative aux EPR2 - Session de mai 2025
Ce vœu rappelle ce à quoi nous croyons :
- A l’indépendance énergétique de notre nation
- A l’accès à tous à une électricité bon marché
- Aux retombées économiques pour notre département
- A l’importance du mixte énergétique et de la décarbonation
Ce vœu en revanche n’aborde pas les préoccupations qui devraient -toutes- être les nôtres.
Lorsqu’on évoque l’électrification, on ne peut pas nier ce qu’elle exige : des minerais et des métaux, du cuivre, des terres rares, qui génèrent immanquablement des formes d’accaparement et des risques de pollution.
Et que dire des besoins colossaux en eau demain pour refroidir des data centers démultipliés par l’IA. L’autorité environnementale alerte déjà sur les conflits d’usage qui ne manqueront pas de survenir compte tenu des aléas climatiques. Des clarifications doivent encore être apportées sur la sollicitation du Rhône par les futurs réacteurs du Bugey, et c’est loin d’être un détail.
Il ne s’agit donc pas demain d’électrifier pour électrifier, et de brancher, brancher et brancher encore comme le dit le chef de l’Etat.
Il s’agit de dire -au-delà du comment produire- comment nous transférons les énergies fossiles vers l’électricité. Et comment nous cultivons dans le même temps la sobriété avec la nécessité de rénover les bâtiments au plan thermique, plus que jamais. Et le soutien financier doit être massif dans le domaine.
Vous rappelez la nécessité du mixte énergétique. C’est vrai, nous devons marcher sur 2 jambes. Mais nous sommes aujourd’hui dans une situation paradoxale où nous réduisons nos capacités photovoltaïques à l’horizon 2035 à force de réduction des tarifs de rachat.
Parce que nous surproduisons au regard des besoins actuels d’électrification. Il faut accélérer le transfert des énergies fossiles.
Et puis une question essentielle : qui paie ? on sait le bras de fer entre l’Etat et EDF ; on parle d’un possible prêt bonifié pour les 6 nouveaux réacteurs. Qui paie ? Les contribuables ou l’usager ?
On est en droit de s’interroger au moment où la Cours des Comptes demande de retenir la décision finale d’investissement jusqu’à « la sécurisation de son financement ».
La facture des équipements locaux sera également conséquente. Voilà pourquoi il conviendrait d’ajouter à la rédaction de ce vœu :
- Demandons à ce que la stratégie bas carbone du pays intègre l’exigence de sobriété énergétique dans l’ensemble des politiques publiques ;
- Demandons à ce que le financement du programme EPR2 soit sécurisé au plus tôt et que l’Etat accompagne la réalisation des équipements collectifs nécessaires à l’accueil de ces nouveaux réacteurs dans l’Ain ;
- Demandons à ce que soient pleinement pris en compte les résultats de l’étude commandée par l’Etat sur l’hydrologie du Rhône à horizon 2100, attendue d’ici la fin de l’année.

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