Christophe GREFFET - 2ème intervention sur les musées départementaux - Session de mai 2025
« Il dépend de celui qui passe que je sois tombe ou trésor, que je parle ou me taise. Ceci ne tient qu’à toi. Ami, n’entre pas sans désir. ». Ces mots de Paul Valéry gravés au fronton du Musée des monuments français nous rappellent combien les musées sont affaire de passion.
Dans l’Ain, des générations d’hommes et de femmes se sont investis pour préserver les richesses accumulées depuis la préhistoire. Il y a plus d’un siècle, le vieux Pérouges justifiait la création d’un comité de conservation à l’image des démarches conduites à Paris et à Lyon ; des personnalités aussi prestigieuses qu’Edouard Herriot ou l’architecte lyonnais Tony Garnier y apportaient leur concours.
Le même enthousiasme a conduit des groupes organisés en milieu rural à considérer l’architecture vernaculaire et à promouvoir les traditions et savoir-faire locaux.
Ainsi sont nés, d’initiatives associatives, les musées de Lochieu en Bugey et de Cuisiat en Revermont. Avec la ferme volonté de préserver et valoriser l’identité des Pays de l’Ain.
« On ne peut [bien sûr] pas transformer la France entière en musée de la France » pour reprendre les mots de Pierre Nora. Mais l’attachement et la connaissance du passé demeurent essentiels dans un territoire en mutation tel que l’Ain.
La pression urbaine actuelle remet immanquablement en cause les paysages et le bâti ancien. Raison de plus pour les valoriser au sein d’espaces dédiés sous la responsabilité de professionnels de la conservation et de la médiation. Le Conseil départemental doit plus que jamais y contribuer grâce à son réseau de musées.
Il importe également que les nouveaux arrivants, nombreux à s’installer dans l’Ain, puissent comprendre les lieux où ils vivent grâce à ce maillage départemental.
Au moment où le développement touristique est érigé en priorité, il est essentiel de rappeler que les sites culturels participent pleinement à la dynamique locale à l’image des musées de Lochieu et Cuisiat. Ce dernier a notamment permis de sauvegarder et diffuser le piment de Bresse que les restaurateurs et transformateurs locaux développent aujourd’hui.
Voilà bien quel est notre dessein : préserver avec la même passion la mémoire des sociétés qui nous ont précédés et la restituer vivante aux habitants de l’Ain.

Commentaires