Guy LARMANJAT - Intervention sur l'évaluation de la politique culturelle - Session de juin 2025
L’évaluation de la politique culturelle départementale nous livre des analyses percutantes sur la réalité que nous proposons à nos habitants.
Je voudrais rappeler que nos interventions se veulent très factuelles et nos remarques sont en réalité celles de la CRC, étayées puisque nous citons littéralement les commentaires.
La CRC s’interroge sur les choix en termes de soutien aux festivals de musique. Le document évoque que « l’analyse des financements octroyés par le département ne permet pas de comprendre ce qui le conduit à intervenir comme premier, troisième ou quatrième financeur, sinon son positionnement auprès des différentes structures ou le rôle qu’il entend jouer dans le cadre de ces co-financements. » (p99). C’est toute la question du rôle de levier que peut jouer le département. Le Département doit-il financer des événements qui ont un modèle économique stabilisé ou doit-il intervenir auprès d’événements moins établi ? Tout comme la CRC, nous posons la question.
Pour le spectacle vivant, la CRC note que seules huit compagnies ont bénéficié d’un soutien à la création sur 5 ans : « Cela limite fortement le renouvellement et la diversité de l’offre » (p. 150). La CRC souligne finalement que nous ne soutenons pas assez la création. D’ailleurs, à ce propos, sur la question des résidences d’artistes dans les collèges, les évaluateurs démontrent que seuls 5 collèges en bénéficient par an et font remonter que les équipes enseignantes se plaignent des lourdeurs administratives dissuasives de ce genre de dossiers.
L’absence d’une politique culturelle hors les murs à l’exception de quelques initiatives de la Scène nationale de Bourg, interrogent la CRC. Et la chambre explique que le département n'a pas réalisé de diagnostic pour identifier les zones sous-dotées en équipements culturels, ce qui pourrait aider à prioriser les financements.
Les juges rappellent également que 70 % des subventions sont versées à des structures recevant plus de 100 000 € par an. Et 78 % du budget va à seulement 10 % des bénéficiaires (p. 35). A contrario, 195 structures se partagent 2,25 % du budget des aides : autant dire, pas grand-chose. C’est bien sur cet aspect qu’il est important de réfléchir.
Concernant les publics ciblés, vous dites vouloir cibler cinq catégories : les mineurs, collégiens, personnes en situation de handicap, personnes âgées et bénéficiaires de l’insertion. Mais la CRC constate que : « Les personnes âgées et handicapées sont moins prises en compte. Les personnes suivies dans le cadre de l’insertion ne le sont quasiment pas » (p. 78). La direction de la culture et celle de l’action sociale ne se coordonnent pas. « Les actions mises en œuvre dépendent de deux directions qui gagneraient à se coordonner davantage » (p. 79).
Budget après budget nous avons demandé des clarifications sur les objectifs de notre politique culturelle ainsi que des évaluations. Nous espérons qu’une feuille de route nous sera proposée dans les 6 mois nous avez-vous dit, et nous ne manquerons pas de vous faire des propositions.
Nous sollicitons d’ailleurs que la commission culture se saisisse de ce rapport pour un travail collégial et en profondeur, par des réunions exceptionnelles.

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