Tribune octobre/décembre 2025
Christophe Greffet
Président du groupe « L’Ain pour tous »
Le Département, deux siècles d’existence et un avenir à réinventer
La Révolution française de 1789 a créé les Départements, traçant pour l’Ain des frontières quasi inchangées depuis. Deux siècles plus tard, l’institution demeure un repère et un espace de proximité pour ses habitants.
Les lois de décentralisation successives ont donné aux Conseils généraux puis départementaux de grandes responsabilités. Parmi elles figurent la gestion des routes départementales, la construction et l’entretien des collèges, la sécurité civile et la gestion des centres de secours, la promotion touristique et l’aide à la construction de logements sociaux.
Le Département finance par ailleurs et avant tout les politiques de solidarité au travers des allocations individuelles (APA, PCH et RSA) dédiées aux personnes âgées, en situation de handicap ou en difficulté. Plus de la moitié de son budget est désormais consacrée au champ social.
Le maintien de son engagement au côté des Aindinois ne saurait être assuré pour autant. Les choix nationaux qui ont privé le Département de tout impôt local au profit de dotations et de compensations insuffisantes le contraignent de plus en plus dans sa capacité à agir. Le recul constant des crédits dédiés à la culture et à la jeunesse, la cession prochaine de musées départementaux (Cuisiat et Lochieu), la suppression des aides à l’immobilier d’entreprise en sont les illustrations les plus contestables dans l’Ain.
Le Département doit dans le même temps relever d’innombrables défis. Assumer la solidarité envers les plus fragiles est une impérieuse nécessité dans un territoire qui a doublé sa population depuis 1945. Il lui incombe aussi de développer les mobilités douces en s’appuyant sur son réseau routier départemental, de rénover son parc immobilier et plus largement d’adapter le territoire au changement climatique. Autant d’interventions qui ne pourront s’engager sans de véritables moyens. Sans oublier que la mise en œuvre des décisions nationales relève à 80% du plan local. Puisse le gouvernement s’en souvenir.





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