Tribune Octobre/décembre 2024
Christophe Greffet
Président du groupe « L’Ain pour tous »
La solidarité nationale doit perdurer à l’égard des plus fragiles !
Au moment où nous célébrons la Libération de notre département, il est essentiel de se remémorer l’idéal qui a animé les Combattants de l’ombre et fondé notre modèle social. Quatre-vingts ans plus tard, le principe de la solidarité nationale conserve tout son sens.
Il y a tout juste 80 ans, l’Ain est libéré. Après tant de souffrances et de désolations, après tant d’espérances et de luttes acharnées. Une guerre de plus de cinq ans allait s’achever le 8 mai 1945, consacrant la victoire de la démocratie, des valeurs universelles et de la dignité de l’homme.
Au-delà des commémorations et du nécessaire hommage aux victimes, il importe de rappeler que la Résistance rassemblée a su doter le pays d’une architecture politique, économique et sociale. C’est au Conseil national de la Résistance (CNR) réuni pour la 1ère fois le 27 mai 1943 par Jean Moulin, que l’on doit l’adoption d’un programme politique fondateur. Fruit du consensus entre les représentants désintéressés des grands mouvements de résistance, des syndicats et partis politiques opposés à Vichy, ce programme constitue la véritable pierre angulaire du système français. La création de la Sécurité sociale pour tous est une des plus remarquables conquêtes de l’époque.
Voilà vingt ans, le pays confiait aux départements le soin de mettre en œuvre la solidarité à l’échelle des territoires. C’est à eux qu’il revient aujourd’hui de verser les allocations universelles que sont le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH). L’Ain consacre ainsi plus de 120 millions d’euros chaque année aux plus fragiles de notre département.
Bien davantage que les 50 millions d’euros compensés par l’État. S’agira-t-il demain de revenir sur ces avancées sociales ou l’État entend-il être le garant de la solidarité nationale tel qu’il l’affirme en assumant sa part ?
Cette période anniversaire est l’occasion de rappeler que les principes du CNR étaient précisément à l’opposé d’un discours ambiant qui promet l’affaiblissement des services publics, la mise sous tutelle des collectivités locales et le déclin de la solidarité nationale.
Face à ces remises en cause, il nous faut rester vigilants et plus que jamais rappeler l’importance des principes fondateurs issus de la Résistance.





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