Anne-Laure OLLIET - Intervention sur l'évaluation de la politique culturelle - Session de juin 2025
Le rapport de la Chambre régionale des comptes est éclairant sur l’accès actuel à la culture dans notre département. Il pointe du doigt un sujet de taille : la mobilité pour accéder à la culture. Dans un territoire comme l’Ain, la ruralité et les zones de montagne rendent très inégales la proximité et le déplacement vers l’offre culturelle départementale.
Page 44, on lit : « L’action du département pour pallier la difficulté du transport vers les lieux culturels est limitée aux seuls dispositifs qu’il organise et principalement au bénéfice des collégiens » à savoir les dispositifs « Découverte des lieux culturels et patrimoniaux » et « Collège au cinéma », qui rembourse uniquement une partie du transport si la salle est située hors commune siège (p. 46). Aucune prise en charge n’est réalisée pour les projets d’éducation artistique et culturelle en lien avec l’Education Nationale ou la DRAC. Page 46 : « Le financement du transport reste à la charge des établissements scolaires. Il constitue l’un des freins identifiés à la mise en place des projets EAC – « Education Artistique et Culturelle » ».
Concernant les autres publics, dont les personnes âgées ou les personnes en situation de handicap, les dispositifs d’accès à la culture manquent.
Le document cite différents départements dont les Landes, le Tarn, la Savoie qui prennent en charge des transports pour déplacer des publics ciblés vers les lieux culturels. La Savoie couvre ainsi les coûts de transport et d’entrée dans 39 sites pour les maternelles, primaires et collèges (p. 47). L’Eure-et-Loir compense l’absence de mobilité par des résidences en collège. Or dans l’Ain, seuls 5 collèges sont concernés par ces résidences, dont les établissements dénoncent la complexité administrative des dossiers à présenter.
Si nous devons resserrer nos politiques culturelles, rendons accessibles nos sites, nos événements, nos établissements scolaires, mais aussi nos EHPAD, nos associations sociales, notre Maison de l’Enfance.
Nous partageons aussi l’analyse de la CRC sur la prise en compte nécessaire par le Département de ses territoires sous-dotés en politique culturelle qu’il aurait le devoir de compenser. L’intérêt de prévoir le coût du transport du public dans les projets subventionnés nous paraît évident.
Ne réservons pas la culture à ceux qui habitent là où elle se trouve déjà.

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